Echassiers dans l’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau: établir un lien entre les conditions de non-reproduction dans les tropiques et les conditions de reproduction dans l’arctique

Du fait du cycle saisonnier de la planète, de vastes étendues de terres dans le Nord deviennent utilisables pour des organismes exigeants, tels que les oiseaux, pendant l’été nordique. Les oiseaux de rivage sont des migrants saisonniers spécialisés, qui mettent à profit les ressources estivales temporaires pour se reproduire et les ressources plus stables offertes par les zones humides au fil des saisons pour survivre pendant le reste de l’année.

Etant donné que les oiseaux de rivage se nourrissent dans les vasières intertidales, il convient de souligner à cet égard que l’archipel des Bijagos partage des liens avec l’Islande (à travers le courlis corlieu) et la Sibérie du Centre-Nord (à travers les bécasseaux maubèches, les barges rousses et les pluviers argentés). Le projet de la Fondation MAVA relatif aux échassiers dans les Bijagos vise à décrire la nature précise de ces liens. Plus généralement, il s’agit d’établir dans quelle mesure l’environnement dans l’archipel affecte les chances de survie et de reproduction des échassiers qui y vivent, des paramètres qui dépendront des conditions dans l’archipel et sur les sites-étapes mais aussi des sites de reproduction (tels qu’en Islande et dans la péninsule du Tamyr en Russie).

L’approche consiste à :

(1) documenter les liens précis qui existent et les parcours migratoires des oiseaux, en suivant leur déplacement à l’aide d’un appareil de géolocalisation et de suiveurs de satellite ;

(2) documenter les conditions environnementales, surtout en ce qui concerne la nourriture et la consommation de nourriture, pendant le séjour des oiseaux de rivage sur l’archipel des Bijagos;

(3) établir une cartographie benthique à l’échelle de l’archipel où seront marqués les différents endroits parcours par les oiseaux faisant l’objet d’un suivi ;

(4) identifier les corrélations entre les conditions existantes dans les zones de non-reproduction de l’archipel et les paramètres de migration, la survie et le recrutement.

A ce jour, l’accent a été mis sur l’analyse des données antérieures de suivi des barges rousses baguées dans la Mer des Wadden et hivernant dans les Bijagos (Piersma et al. non publié), un travail de recherche intensif a été consacré à la nourriture et à l’alimentation des oiseaux de rivage pendant leur séjour en Guinée-Bissau (Coelho et al.), et les premiers courlis corlieux et barges rousses ont été bagués, toutes choses qui permettront, il faut l’espérer, d’obtenir les premières données détaillées sur la migration de ces espèces au cours de l’année 2019.